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Situation des personnes intersexes en france

Mutilations

Aujourd’hui en France les nouveaux-nés, enfants et adolescent-e-s intersexes sont toujours soumi-se-s à des chirurgies visant à les normaliser, sans urgence vitale ni nécessité médicale. Ces chirurgies sont des mutilations car elles sont effectuées sur des organes sains, sans consentement de la personne concernée, et détériorent l’état de santé des personnes. Elles vont de l’ablation des gonades aux vaginoplasties en passant par des réductions ou récessions clitoridiennes et des chirurgies d’allongement de la verge et de déplacement de l’urètre.

Harcèlement et discriminations

Les personnes intersexes subissent du harcèlement et des discriminations sur la base de leurs caractéristiques sexuelles primaires et/ou secondaires. Pourtant, ce motif de discrimination n’est toujours pas reconnu dans le droit français.

Précarité

A cause de l’absentéisme scolaire liée à de fréquentes périodes d’hospitalisations et de convalescence, de l’isolement par rapport à des camarades de classe à qui les enfants intersexes sont incité-e-s à mentir sur leur situation de santé, du harcèlement de leurs pairs lors de pubertés atypiques sans intervention des adultes, et des traumas directement liés aux violences subies, de nombreuses personnes intersexes décrochent scolairement. Une étude australienne a démontré que près de 85% des personnes intersexes interrogées avait des revenus en deçà de la médiane nationale.

Dossier médical

Les personnes intersexes se voient souvent opposer un refus lorsqu’elles demandent leur dossier médical, des prétextes invoquant sa destruction, ne peuvent le consulter que sur place, ou reçoivent des dossier lacunaires. Ces pratiques illégales sont une persistance du paradigme médical dominant jusqu’au début des années 2000 qui voulait que le secret soit gardé par les médecins et les parents et que les personnes intersexes ne sachent jamais, même à l’âge adulte, qu’elles étaient intersexes.

Traitements hormonaux

Les traitements hormonaux sont quasiment systématiquement imposés aux personnes intersexes, en particulier autour de la puberté. Aprè une gonadectomie ils deviennent une nécessité vitale. Les gonadectomies sans urgence vitale créent donc une dépendance à vie aux hormones de synthèse.

Au-delà des gonadectomies, les traitements hormonaux sont imposés sans nécessité de santé, pour modifier les caractéristiques sexuelles secondaires des adolescent-e-s intersexes, souvent sans consentement libre et éclairé de leur part, sur la base de normes médicales et sans information sur les conséquences à long terme pour l’organisme.

Traumas et santé

Les violences médicales et sociales subies par les personnes intersexes ont des conséquences graves sur leur santé physique et mentale. Les maladies iatrogènes, les infections nosocomiales, les complications, les inflammations, les nécroses et les sténoses sont des risques bien connus et les pratiques se poursuivent malgré tout.

Accès aux droits

Qu’il s’agisse de l’accès à leurs dossiers médicaux, de réparations vis-à-vis des dommages découlant d’actes non consentis, ou de condamnations des responsables de pratiques non justifiées médicalement, la population intersexe souffre d’une méconnaissance de ses droits et des ressources pour les faire valoir. Cette campagne vise à les soutenir dans leur accès aux droits.

Les personnes intersexes sont celles dont les caractéristiques physiques ou biologiques, telles que l’anatomie sexuelle, les organes génitaux, le fonctionnement hormonal ou le modèle chromosomique, ne correspondent pas aux définitions classiques de la masculinité et de la féminité. Ces caractéristiques peuvent se manifester à la naissance ou plus tard dans la vie, souvent à la puberté.

Organisation des Nations Unies
Chiffres :
  • 1,7% des naissances – Melanie Blackless, Anthony Charuvastra, Amanda Derryck et Anne Fausto‐Sterling, « How sexually dimorphic are we? Review and synthesis », American Journal of Human Biology, vol. 12, no 2,‎ 1er mars 2000, p. 152
  • 86% des personnes intersexes interrogées en France estiment ne pas avoir pu donner un consentement libre et éclairé aux actes médicaux sur leurs caractéristiques sexuelles – Source : Enquête sur la santé des personnes intersexes, Collectif Intersexes et Allié.e.s-OII France, 2019
  • 96 % des intersexes subissent au moins un traitement hormonal et 64% une gonadectomie – Source : Droits de l’homme et personnes intersexes par le Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe.
  • 80% à 85% des vaginoplasties pratiquées dans la petite enfance donnent des sténoses vaginales (rétrécissements); 78.5% ayant besoin d’être réopérées – Source : Corps en tous genre –La dualité des sexes à l’épreuve de la science, Anne Fausto-Sterling, Paris, La Découverte, 2012.
  • 30 à 80% des intersexes subissent plus d’une opération – Source : Corps en tous genre –La dualité des sexes à l’épreuve de la science, Anne Fausto-Sterling, Paris, La Découverte, 2012.
  • Davantage de chiffres généraux ici et ici les chiffres de l’enquête sur la santé des personnes intersexes.
Témoignages
ILLUSTRATIONS LIBRES DE DROITS

Crédits : Laurier The Fox
Street Art, Bruxelles